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Conférence de Mrg Luc Crepy, Evêque du Puy

Connaître la Pensée Sociale de l'Eglise pour la mettre en pratique

Conférence de Monseigneur Luc Crepy,

Evêque du Puy en Velay

 

Connaître la Pensée Sociale de l'Eglise pour la mettre en pratique

 

1ère rencontre :

Qu'est-ce-que la Pensée - la Doctrine - de l'Eglise

 

Pourquoi l'Eglise réfléchit-elle à l'économie, aux questions sociales, à la politique, à la culture.......?

quels sont les liens entre l'Evangile et la vie en société?

Les chrétiens ont-ils une morale particulière?

Depuis 1891, une vaste réflexion, sans cesse relayée par les papes, traverse la vie de l'Eglise catholique pour mieux accueillir les réalités de notre monde au regard de la foi et de l'intelligence humaine : quels en sont les éléments fondamentaux?

" Heureux les affamés

et assoiffés de justice,

car ils seront rassasiés...

Heureux les artisans de paix,

car ils seront appelés fils de Dieu

Heureux les persécutés

pour la justice,

car le Royaume de cieux est à eux..."

Mat. 5,6,9,10

 

" Le Royaume n'est pas nourriture ou boisson, mais justice, paix et joie dans l'Esprit Saint." Rom.14,17

 

1- Pourquoi la Pensée - Doctrine - sociale de l'Eglise?

a- L'être humain est une personne et donc un être social

" La personne humaine qui, de par sa nature même, a absolument besoin d'une vie sociale, est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions. La vie sociale n'est donc pas quelque chose de surajouté: aussi c'est par l'échange avec autrui, par la réciprocité des services, par le dialogue avec ses frères que l'homme grandit selon toutes ses capacités et peut répondre à sa vocation"

(GS§ 25)

L'être humain est un être de relation, une personne en lien avec d'autres. la vocation de tout homme est d'aimer et d'être en relation avec tout homme

b- Le lien entre la foi et la Pensée  Sociale de l' Eglise

c- L'origine de la Pensée sociale de l'Eglise : elle remonte à Rerum Novarum, encyclique du pape Léon XIII

d- L'Eglise doit-elle se mêler des questions sociales ?

Les Eglises sortiraient-elles de leurs prérogatives et de leurs compétences chaque fois qu'elle interviennent sur des questions économiques, sociales et politiques, Ce malentendu naît de 2 tentations symétriques : "celle de l'homme religieux de se retrancher du monde et de l'homme profane de se retrancher de Dieu. Il est la négation de l'alliance divine et de l'existence humaine ". L'Eglise intervient sur les questions qui touchent l'homme, surtout quand il n'est pas respecté.

e- La Pensée sociale de l'Eglise est un domaine souvent ignoré et mal compris.

 

2- Les fondement de la Pensée - Doctrine- sociale de l'Eglise

a- Petite définition de la P.S. E.

La P. S. E. est " la formulation précise des résultats d'une réflexion attentive sur les réalités complexes de l'existence de l'homme dans la société et dans le contexte international, à la lumière de la foi et de la tradition ecclésiale. Son but principal est d'interpréter ces réalités en examinant leur conformité ou leurs divergences avec les orientations de l'enseignement de l'Evangile sur l'homme et sur sa vocation à la fois terrestre et transcendante; elle a donc pour but d'orienter le comportement chrétien. C'est pourquoi elle n'entre pas dans le domaine de l'idéologie, mais dans celui de la théologie, et particulièrement de la théologie morale" (Jean Paul II S.R.S.§ 41)

b- Les sources de la P.S. E.

"L'enseignement social de l'Eglise tire son origine de la rencontre du message évangélique et de ses exigences éthiques, avec les problèmes qui surgissent dans la vie de la société."

Les sources :

- L'Ecriture

- La théologie

- La philosophie

- Les sciences sociales

c- Les principes de la P.S.E.

- Le bien commun (équilibre entre personne et société): "ensemble des conditions sociales qui permettent et favorisent dans les êtres humains le développement intégral de la personne". (M.M. § 53)

Comment la vie sociale est au service de tous en lien avec le bien-être de chacun ?

 

- La destination universelle des biens : "les biens de la terre sont destinés à tous les hommes et à tous les peuples "de sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice inséparable de la charité". (G.S. § 69)

- Le principe de subsidiarité : "Toute activité sociale est par nature subsidiaire; elle doit servir de soutien aux membres du corps social et ne jamais les détruire, ni les absorber". (Pie XII)

- Le principe de participation : La participation est un devoir que tous doivent consciemment exercer, d'une manière responsable et en vue du bien commun.

- Le principe de solidarité (contre l'individualisme) : "En vertu du principe de solidarité, l'homme doit contribuer avec ses semblables au bien commun à tous les niveaux". (LC 73

d- Les valeurs de la vie sociale

- La vérité : La parole échangée doit être sous l'ordre de la vérité. Plus on s'approche de la vérité, plus on est objectif.

- La liberté : C'est un signe que l'homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. La liberté doit se manifester comme un refus de ce qu'on trouve moralement mauvais.

- La justice : C'est donner au prochain ce qui lui est dû : respect de la personne, de ses droits. La justice seule ne suffit pas. La justice va avec la paix. Il y a de la paix sociale quand il y a de la justice sociale.

- la fraternité et l'égalité pourraient être ajoutées

 

Conclusion

- La voie de la charité : Les valeurs sociales sont liées à l'exercice de la charité. La charité va toujours au-delà...

Plusieurs questions: pourraient se poser:

- Est-ce que c'est l'économie qui va gouverner ?

- Est-ce qu'on met la personne humaine au centre de l'économie ?

- Où est l'essentiel ?

 

2ème rencontre

Au service de tout homme et de tout l'homme.

Justice - Paix - Développement

 

La vie en société se construit au niveau local, national et international : il s'agit de bâtir ensemble "la maison commune" qu'est notre planète. l'Eglise développe une vision intégrale de la vie en société où les exigences posées par la justice, la paix, le développement et aujourd'hui l'écologie se conjuguent nécessairement. Nous garderons la question de l'écologie pour la dernière rencontre avec la question du politique; maison commune et vie de la cité se conjuguent bien ensemble.

 

"Ainsi parle le Seigneur : pratiquez le droit et la justice; délivrez l'exploité des mains de l'oppresseur; ne maltraitez pas l'immigré, l'orphelin et la veuve, ne leur faites pas violence." Jr 22,3

 

1- Exigences de Justice et foi chrétienne

1.1- Avant toute notion de justice, l'expérience de contraste ou de l'injustice. "Sans cette préface pré-réflexive de l'expérience de contraste qui éveille une protestation prophétique, ni les sciences ni la pensée théologique et philosophique ne se seraient mises à l'œuvre." (E. Schillebeckx)

1.2- Essai de définition de la justice

- La justice, vertu bonne en soi, constitutive de toute humanité. "Si la justice disparaît, c'est une chose sans valeur que le fait que des hommes vivent sur la terre". (Kant)

- La justice entre politique et morale" La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est celles des systèmes de pensée [...] si efficaces et bien organisées que soient des institutions ou des lois; elles doivent être réformées ou abolies si elles sont injustes" (J. Rawls)

- La justice comme conformité au droit / légalité

- La justice comme égalité, équité

" Dans tout contrat et dans tout échange, mets-toi à la place de l'autre, mais avec tout ce que tu sais, et, te supposant aussi libre des nécessités qu'un homme peut l'être, vois si, à sa place, tu approuverais cet échange ou ce contrat". (Alain)

- La justice comme réciprocité

- Justice distributive et justice commutative

1.3- Les racines bibliques de l'exigence de justice

§ Dans l'Ancien Testament:

- La justice comme fidélité aux exigences de la relation. La justice biblique désigne une relation originale entre Dieu et son peuple dans un double mouvement : salut donné gracieusement par Dieu et réponse de l'homme qui devient juste par le fait qu'il entre dans ce salut en adoptant la conduite conforme à la volonté divine.

- La justice de Dieu : C'est l'action de Dieu par excellence...C'est Dieu qui sauve....

- Le souci de la veuve, de l'orphelin et de l'étranger

- Le juste

§ Dans le Nouveau Testament

Dans les Evangiles et chez St Paul...

La vraie justice c'est donner comme on a reçu de Dieu. La justice De Dieu est un don gratuit que Dieu nous fait.....

 

Conclusion

La justice biblique est à la fois, la norme des relations sociales en accord avec l'alliance, une vertu personnelle qui correspond à une vie selon l'alliance, une caractéristique de l'agir de Dieu et de son royaume. Ce qui fait le pont entre tous ces types de justice, c'est qu'ils sont toujours en référence à ce que Dieu a fait pour les hommes et la réponse de l'homme face à ce salut.

 

1.5- La justice sociale dans la P.S.E.

" Le propre de la justice sociale est d'exiger des particuliers tout ce qui est nécessaire au bien commun mais de même que ce qui concerne l'assemblage d'un corps vivant quelconque n'est pas procuré pleinement si n'est pas fourni à chaque membre particulier ce dont il a besoin pour remplir sa fonction, de même en ce qui concerne l'organisation et l'équilibre de la communauté, on ne peut pourvoir au bien de toute la société, si à chacun de ses membres particuliers, à savoir les hommes ornés de la dignité de personnes, n'est pas accordé ce qui lui est nécessaire pour exercer la fonction sociale qui est la sienne". 

Divini Redemptoris (Pie XI, 1937)

 

Conclusion

Quand Amour et justice se rencontrent....la tension entre charité et justice.

 

2- Justice et paix s'embrassent : " Je vous laisse ma paix; c'est ma paix que je vous donne, je vous la donne pas comme le monde la donne".

Jn 14,27

" L'égale dignité des personnes exige que l'on parvienne à des conditions de vie justes et plus humaines. En effet, les inégalités économiques et sociales excessives entre les membres ou entre les peuples d'une seule famille humaine font scandale et font obstacle à la justice sociale, à l'équité, à la dignité de la personne humaine, ainsi qu'à la paix sociale et internationale".

( Concile Vatican II, Gaudium et spes n° 29,3)

2.1- Construire la paix: un effort permanent - La paix recouvre beaucoup de réalités différentes - La paix au XXème siècle : de nouveaux défis avec le nucléaire et la mondialisation.

2.2- Repère bibliques et théologiques : " Dans le désert s'établira le droit, et la justice habitera le verger. Le fruit de la justice sera la paix, et l'effet de la justice repos et sécurité à jamais. Mon peuple habitera dans un séjour de paix".

(Is 32, 16-18)

 

" C'est lui, en effet, qui est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine. Il a aboli la loi et ses commandements avec leurs observances. Il a voulu ainsi, à partir du juif et du païen, créer en lui un seul homme nouveau, en établissant la paix, et les réconcilier avec Dieu tous les deux en un seul corps, au moyen de la croix; là il a tué la haine. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient proches".

(Ep. 2,13-17)

2.3- Paix humaine et paix du Christ

La paix : Ce n'est pas seulement l'absence de conflit, C'est une tâche permanente à mettre en œuvre, à construire... C'est un autre nom du bonheur. La paix prend des dimensions planétaires. La paix, on peut la partager entre nous

 

La paix du Christ est une réalité intérieure

 

3- Le développement pour tout homme et pour tout l'homme

3.1- Le développement : l'autre nom de la paix : Œuvrer au développement des peuples c'est construire la paix

3.2- La question du développement dans la P.S.E. Du développement économique au développement intégral

3.3- Un développement intégral et solidaire. De façon plus diffuse, l'exigence se fait sentir de modèles de développement qui ne prévoient pas seulement "d'élever tous les peuples au niveau dont jouissent aujourd'hui les pays les plus riches, mais de construire par un travail solidaire, une vie plus digne, de faire croître réellement la dignité et la créativité de chaque personne, sa capacité de répondre à sa vocation et donc à l'appel de Dieu".

(Jean Paul II, C.A.§29, 1991)

" On ne peut ignorer que les frontières de la richesse et de la pauvreté passent à l'intérieur des sociétés elles-mêmes, qu'elles soient développées ou en voie de développement. En effet, de même qu'il existe des inégalités sociales allant jusqu'au niveau de la misère dans des pays riches, parallèlement dans les pays moins développés on voit assez souvent des manifestations d'égoïsme et des étalages de richesses aussi déconcertants que scandaleux".

(Jean Paul II S.R.S.§14, 1988)